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Happy bus trip
"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède."
Busarchives

25.01.2011 Imessouane, Maroc

Salamalikoum!

J'espère que vous avez tous passés de merveilleuses fêtes et que vous avez débuté cette nouvelle année du bon pied. Tous mes voeux pour que votre chemin soit composé d'un revêtement de bonheur, de bordures d'amour et de décorations de tendresse.


Voici les informations locales à 11h52:

Météo:

20°C, couvert 6/8, plafond à 2700m, vent nul (pluies fréquentes ces deux derniers jours, avec vent du sud)

Musique actuelle:

Ravi Shankar et sa sithar magique

Camping:    

un panache de français, d'allemands, d'anglais et quelques autres nations. Je n'ai pas vu d'autre suisse depuis que je suis ici, espèce rare apparemment. Il paraît qu'on en trouve plus au sud. Est-ce qu'il y aurait une source secrète de fromage à raclette là-bas? Si c'est la cas, j'y vais demain, ça me manque trop!! Fromage quasi inexistant ici, sauf de la Vache qui rit, mais moi, avec le temps, elle ne me fait plus rire celle-là... Est-ce que quelqu'un pourrait demander à la Confédération d'approvisionner le Maroc en Gruyère et en Vacherin svp? bon, je m'éloigne du sujet...

Camping bis:   

La majorité des personnes ici sont des retraités en camping-car. Très peu de jeunes en ce moment, mais ça change constamment. C'est intéressant d'être ici depuis si longtemps pour observer les différents mouvements de personnes, de véhicules différents, de manières de faires différentes, de cultures différentes, d'atmosphères différentes. Avec une majorité de 3ème âge, il n'y a pas beaucoup de vie le soir après le coucher du soleil, tandis que s'il y a majorité de jeunes, c'est plus vivant, il y a des feux, de la musique, des jeux à l'extérieur. Les jeunes (j'appelle "jeune" ceux qui ont moins de 40-45 ans, et je suis en train de penser à Jessie, qui a 13 ans et qui doit me considérer comme un "vieux" et peut-être ne pas comprendre que je puisse me considérer comme "jeune"... enfin c'est comme ça que je voyais les choses à l'époque... ). Mais tout ça je ne le dis pas pour dire que les "vieux" sont sans intérêt et ne savent pas s'amuser. J'ai rencontré des personnes merveilleuses dans toutes les tranches d'âge, sans aucune distinction.

Divers:

Peut-être auront-nous à nouveau des bananes aujourd'hui. L'approvisionnement a été interrompu et le village était à sec hier. Il suffit de faire 20 km au sud et on se retrouve au pays de la banane. Dans la rue principale il y en a du sol au plafond. J'ai mangé mes premières fraises il y a déjà deux semaines. Et sinon il y a des oranges et des mandarines à volonté. Qui sont juste trop bonnes! De très bons avocats selon les jours. Et tous les jours du pain, ces galettes rondes de 25 cm de diamètres faites avec de la farine de maïs. Ils coûtent 1 dirham, ce qui fait 10 centimes d'euro. On en trouve dans chaque boutique, où ils sont empilés sur une étagère ou dans une corbeille, et chacun se sert. Dans un petit village comme Imssouane il y a une dizaine de petites échoppes qui vendent à peu de choses près les mêmes produits d'utilisations courantes. Il y en a 2 ou 3 qui vendent des cigarettes (2 euros de paquets pour les copes marocaines, sinon c'est presque le double pour des américaines). Maintenant je sais dans quel shop aller selon ce que j'ai besoin, car ils n'ont pas tous exactement les mêmes choses.

Parapente:

Il y a deux jours j'ai rencontré 6 pilotes français qui sont partis dans la petite baie à 50 mètres du camping. Je n'avais même pas imaginé que c'était possible de voler là! En fait, avec le vent du sud c'est un très bon emplacement, même si ce n'est pas très grand. Du coup j'ai sorti mon matériel, démêlé et suis allé à l'endroit où un autre à décollé. Quand je suis arrivé le vent avait augmenté de 5 km/h, et on arrivait avec des rafales à 35, ce qui pour moi est trop pour l'instant. Je n'ai pas assez l'habitude du vol en conditions dynamiques et veux y aller progressivement. Ils ont ensuite été à la grande baie où deux pilotes ont décollé rapidement et se sont balladé pendant plus d'une heure, en parcourant plusieurs kilomètres le long de la parois. J'ai été sur place, et là un policier tentait de leur faire comprendre qu'ils devaient attérir, mais ils sont plutôt parti le plus loin possible pour revenir plus tard. J'ai ensuite discuté une demi-heure avec le flic (env 30 ans), et il m'a dit qu'il faut une autorisation pour voler ici. C'était la première fois que j'entendais ça. Je savais qu'au sud de Marrakech il faut une autorisation, car un pilote s'est tué là-bas, mais pas pour le reste du pays. Le policier ne savait pas trop quoi dire. J'ai senti qu'il avait peur d'être tenu pour responsable s'il y avait un accident. Alors du coup je n'ai pas pu partir. Les français lui ont dit qu'ils avaient déjà entrepris des démarches depuis la France 6 semaines avant de partir pour obtenir les autorisations, mais qu'ils n'avaient encore rien reçu. Ils lui ont montré les papiers et finalement ils peuvent continuer à voler, mais pas moi du coup... Ils m'ont dit qu'au sud d'Agadir ça vole beaucoup et que je retrouverais certainement des personnes là-bas.

Activités:

Lecture, discussions, achats au village, trips musicaux dans mon bus, sudoku, méditation, bricole sur le fourgon... J'ai fait une belle ballade la nuit de la pleine lune. J'ai marché une heure pour arriver au sommet d'une colline où j'ai contemplé le coucher de soleil. Trente minutes plus tard j'ai eu le délice d'observer le lever de la lune, avec un ciel sans nuage, loin du village et de toute source lumineuse. S'ensuivit une promenade au clair de lune pour rentrer au camping. Et le lendemain matin je me suis lever avant le soleil et suis parti marcher en remontant le oued (rivière presque à sec entourée de montagne). J'ai pu voir le coucher de lune à l'ouest et une heure plus tard se levait à nouveau le soleil. La boucle était bouclée...

Avec Benoît, un français d'une cinquantaine d'année (donc presque encore un jeune...), on s'est fait une belle partie de pétanque dans le camping, par dessus des buissons, entre des pierres et du sable, c'était superbe! Faut compter avec les pentes du terrain, à certain endroits le sol est dur, alors qu'à d'autres les boules s'enfoncent, c'est tactique tout ça! Avec lui je me fais des longues parties d'échec, il est très bon et m'apprend comment m'améliorer. Je n'étais pas du tout attiré par les échecs avant, mais en faisant quelques parties je trouve que c'est passionnant et ça fait du bien d'être concentré et entièrement présent dans le jeu.

Hier soir j'ai été ramasser du bois avec Jimmy, le proprio anglais, et Ibrahim, un de ses ouvriers. Il faut rouler quelques kilomètres pour en trouver. A part les arganiers il n'y a pas beaucoup d'arbes, et l'arganier est tellement dur à couper qu'il vaut mieux rouler un peu plus, mais au moins trouver un arbre plus simple à trancher. On a trouver un eucalyptus sec à 50 mètres au dessus de la route et on a mis une bonne heure et demi pour le couper et le charger dans la camionette. Il pleuvait légèrement, et la vue sur la mer dans ce paysage de roche et de falaise était à couper le souffle. Le soir j'ai été voir un film chez lui et sa compagne Anne-Sophie, qui est belge. Il a reprit le camping il y a quelques années et l'a réaménagé, construit les WC, les douches, a installé des bornes électriques pour les véhicules. Il est toujours en train de construire quelque chose, de poser du carrelage, d'aménager la route d'accès ou de construire un escalier. Il a des projets pour agrandir le camping, construire des bungalows, une piscine et même un tennis. C'est un super emplacement face à la mer, la vue est juste magnifique, ça peut faire un carton. Jimmy a quelques personnes qui travaillent régulièrement pour lui. Il ne sait jamais combien il en a, car des fois certains ne viennent pas pendant une semaine, sans annoncer, et reviennent ensuite. Donc des fois il a une personne, des fois il en a quatre, c'est très aléatoire.



Dans les divers, j'ai pour la premiere fois de ma vie vraiment hesite a prendre un chien. Deux filles sont arrivees il y a deux semaines avec un chiot qu'elles ont trouve dans un carton au bord de l'eau et ont demande au camping si quelqu'un le prend. J'ai tout de suite ete seduit par ce petit ange. Un cote de moi a tres envie de continuer mon chemin avec un compagnon a quatre pattes, mais des questions pratiques me font toujours hesiter. Finalement c'est Benoit qui l'a pris. Il m'a encore dit il y a 3 jours que si je le voulais, je pouvais l'avoir. Ca m'a de nouveau fait longuement hesiter et une partie de moi a vraiment envie de creer une relation avec un chien. J'en ai vu beaucoup dans mon voyage et ca m'a plusieurs fois fait envie. Mais pour l'instant je n'ai pas craque... Il est chou, hein?


Ci-dessous il y a d'autres news que j'avais écrit sur le portable sans le mettre en ligne, c'était il y a presque deux semaines.

A bientot et prenez bien soin de vous!



12.01.2011 Imessouane, Maroc


Encore et toujours à Imssouane, depuis bientôt 1 mois, et ça me plaît bien ici. C'est la première fois que je reste aussi longtemps à un endroit, ce qui est agréable du point de vue que je n'ai pas à chercher une place pour passer la nuit. Suivant les endroits ce n'est pas si facile de stationner n'importe où, et certains campings ne sont vraiments pas accueillants, entourés de 4 murs avec souvent des tessons de verres sur le dessus... ce qui signifie qu'il n'y a aucune vue sur l'extérieur, uniquement sur les campings cars d'à côté. Ici à Imssouane c'est avec vue sur la mer, sans mur, tout ouvert et souvent il n'y a pas beaucoup de véhicules pour le nombre de place, alors c'est bien tranquille.

Mon ami Alain est parti le 30 décembre, après presque deux semaines à faire du surf tous les jours. Parfois je commençais à peine ma journée qu'il revenait déjà d'une session. J'ai tenté le surf pour la première fois dans les derniers jours de son séjour. J'ai même réussi à me lever en prenant la mousse des vagues, trop content! Je sentais que j'avais de la peine à suivre physiquement, pas l'habitude d'utiliser autant les muscles pour ramer avec les bras, et aussi la respiration était difficile (merci American Spirit). J'en a fait deux fois, et ensuite je me suis mis au body board avec Greg, un gars super d'un groupe de 4 français du sud. C'était top, ils avaient tout le matos pour une personne de plus, y compris la combi, les chaussons et les palmes. Greg m'a pris environ 1h et demi pour m'apprendre la base, et je peux vous dire que ce n'est pas aussi facile qu'il y paraît. Il faut être au bon moment au bon endroit, ce qui s'apprend avec l'expérience. Il me corrigeait en permanence sur mon emplacement sur l'eau. Les premières fois que j'ai vraiment pris une vague il m'a aidé en me poussant avec une main, et ensuite... c'est la pure glisse, ça avance tout seul et il faut corriger pour rester au bon endroit sur la vague. Et regarder le rivage, on ne part pas loin, et ce n'est pas du sable, mais des rochers! Alors il faut pouvoir sortir de la vague avant de se faire projeter sur les cailloux. La sortie de l'eau peu aussi être difficile. Une fois je me suis bien fait mal, j'étais un peu à côté du seul endroit où il y a du sable pour sortir de l'eau, et le courant était si fort que je ne pouvais pas revenir à la hauteur du sable. J'ai dû sortir sur les cailloux et une vague m'a fait tomber et j'ai tapé avec le dos sur un rocher et j'ai sentis sous l'eau mon annulaire gauche faire un mouvement étrange, qui par la suite s'est avéré bien douloureux pendant quelques jours. J'ai quand même pu remonter sur une planche deux jours après, pour une session à Cathédrale, un endroit connu pour ses vagues et où il faut se jeter des rochers dans les vagues, au bon moment si possible. Magic, un des 4 français, s'est une fois pris une vague sur la tronche lorsqu'il était en train de se placer sur le rocher pour sauter, ce qui l'a fait tomber, c'était très motivant de voir que ça arrive même à des personnes avec de l'expérience... J'ai observé longuement les vagues en attendant la période calme entre deux séries, et j'ai réussi directement à plonger avec la planche au bon moment, ouf! Ensuite je me suis bien amusé pendant une heure.

Tous les gens que je connaissais au camping sont partis les uns après les autres il y a quelques jours. Ca faisait bizarre, je m'étais habitué à passer du temps avec eux. Le camping change en permanence, je suis le seul pilier qui n'a pas bougé depuis tout ce temps, on va bientôt me prendre pour un villageois... Je pense que certaines personnes que j'ai rencontré ici je les reverrai pendant mon voyage. Je vais certainement continuer au sud dans quelques jours et je les retrouverais sûrement sur un spot de surf quelque part. Ou sinon lorsque je remonterai en Europe. J'ai bien envie de remonter pour le sud ouest de la France et m'arrêter dans la région d'Arcachon, d'où viennent plusieurs des potes rencontrés ici. En plus c'est où se trouve la dune du Pyla, très célèbre dans le monde du parapente comme étant un haut lieu du vol dynamique (soaring) sur une dune de sable de 110m de hauteur. J'y serais sûrement au printemps, au plus tard au mois de mai. Comme ça, d'une pierre deux coups, je peux revoir les gars bien cool que j'ai rencontré ici et voler en même temps.

J'ai fait la connaissance de Gwen, une anglaise qui est venue ici pour 3 jours. Ca fait la 4 ème fois qu'elle vient au Maroc, la 3ème en 2010. Le billet d'avion depuis l'Angleterre est si bon marché que ça lui revient presque moins cher de venir ici en vacances que de rester chez elle. Elle est étonnante, car ce n'est pas commun de croiser une femme européenne seule ici. J'ai entendu plusieurs fois que c'était déconseillé pour des raisons de sécurité. Mais bon, si la personne sait où aller et où il ne faut pas traîner, il n'y a pas de problème. Faut quand même dire que Gwen a un sacré caractère, et que même si elle est fine, elle fait presque ma taille. Elle voyage avec un gros sac avec ses 2 planches de surf et un sac à dos avec ses affaires. Elle prend le taxi et les bus publics pour se déplacer. Ce qui est très bon marché. Je pense que pour se rendre jusqu'à Essaouira depuis ici il faut compter 10 dirahms, ce qui fait un euro, pour 1h30 de trajet! Peut-être que c'était plus pour elle, avec sont immense sac à surfs, vu que le taxi peut prendre moins de personnes. Ah oui, tous les taxis sont utilisés jusqu'à 5 voir 6 clients en même temps, pour des voitures normales... Il y a souvent des personnes qui attendent au bord de la route au milieu de nul part, et certains attendent un taxi, et il y en a toujours un qui passe dans les 10 - 15 minutes. Ils font les allers et retour et sont certains d'avoir toujours du monde quelque part. Je trouve admirable qu'elle voyage comme ça!

J'ai fait deux vols ici, les deux foireux! un au décollage et un à l'atterrissage. Comme il n'y avait personne pour me montrer et m'expliquer les conditions ici, j'ai décidé de partir un jour où il n'y avait pas de vent, histoire de ne pas me prendre des turbulences à cause du vent qui passe par-dessus la montagne. Mon tout premier déco a été très chaud. J'avais environ 15 mètres pour décoller et ensuite il y avait une falaise. J'ai commencé à courir, la voile s'est gonflée, j'avançais et le terrain devenait un peu moins raide, ce qui a fait que la voile s'est un peu dégonflée et à 3-4 mètres avant la falaise, je devais prendre une décision; soit je me lançais en bas et mon poids ferait que la voile se gonflerait tout de suite; soit je m'arrêtais immédiatement. Ce que je fis, et mon pied gauche s'est arrêté sur le bout du bord, et la voile a passé devant et est tombée dans la falaise. Une galère pour la récupérer, elle était accrochée à des cailloux, j'ai mis je pense entre 30 et 40 minutes pour la sortir. Et ensuite à nouveau 20 à 30 minutes pour démêler les noeuds et la préparer à un nouveau décollage. J'ai attendu que je sente un minimum de vent de face, et cette fois j'ai senti qu'elle se gonflait très vite et j'ai décollé après quelques pas. Le vol n'a duré que 4-5 minutes, et j'ai attéri sur une plage au bas de la montagne. La deuxième fois que j'ai été volé, il y avait un peu de brise de mer, ce qui est très bien, car c'est le vent qui vient depuis la mer et qui pousse contre la montagne et me permet de rester en l'air. J'ai décollé très facilement, et j'ai seulement réalisé après ma grosse erreur! Je n'avais pas vérifié la zone d'atterrissage! Et comme les marées changent chaque jour, la plage où je m'étais posé quelques jours avant à la même heure était sous l'eau à ce moment-là! Je n'avais pas très envie de me poser dans l'eau, donc la seule solution était de me poser sur une pente, au-dessus de falaises qui finissent dans l'eau. J'ai réussi à me poser, non sans peine, car la brise de mer me déviait toujours, soit de côté, soit vers le haut. J'ai posé dans un endroit couvert de buissons d'environs 1 mètre de haut, certains avec des épines qui peuvent atteindre 2 cm! J'ai attéri sur les fesses, merci le moussebag. Et là c'était l'horreur pour sortir des suspentes des buissons, elles étaient accrochées à tout ce qu'elles pouvaient. J'en décrochait une que voilà deux autres qui s'accrochent ailleurs. A nouveau environ 45 minutes pour tout ranger et partir. J'en ai plus fait depuis. J'ai vu il y a quelques jours 6 parapentistes qui décollaient du même endroit et qui tenaient en l'air pendant plus d'une heure. Je suis monté aussi et j'ai rencontré un français qui guidait un groupe de touristes italiens venus au Maroc pour voler pendant une semaine. Suivant le vent de la journée, il les amène sur le site où il y a le plus de chances que ça vole. C'était ce qu'il me fallait, rencontrer quelqu'un qui connaît le coin et les conditions. Il a pu m'expliquer de nombreuses choses très importantes pour voler ici dans des conditions dynamiques avec de la brise de mer, ce que je n'avais pas vraiment fait jusque-là. Je n'ai finalement pas volé ce jour-là, le vent était en train de tourner et on ne savait pas combien de temps ça allait tenir. De bonnes conditions de vents se sont présentés à nouveau depuis lors, mais je n'ai jamais eu la motivation de remonter. En fait je crois que je préfère voler avec d'autres personnes, on peut se conseiller et s'il arrive quelque chose, l'autre peut prévenir quelqu'un. Je sais aussi que si je me plante ici je ne dois pas compter sur la Réga pour venir me chercher en 20 minutes. Il n'y a même pas de numéro d'urgence, il faut prendre le numéro d'un poste de police ou d'un hôpital si on veut appeler les secours. Je pense que j'aurais encore l'occasion de voler, je ne m'en fais pas trop.

Sinon je passe pas mal de soirée dans mon bus, tout seul à lire ou regarder des films. Avec les autres voyageurs nous avons fait des échanges de films, certains ont des disques durs remplis de centaines de films, je croient que mon voyage va durer sacrément longtemps pour que j'ai le temps de tout voir... J'ai regardé les 3 saisons de Californication, série complètement déjantée, mais très attirante et avec un fond pas si mal que ça. J'ai eu de belles sessions de rigolade! Comme ça je découvre plein de films et de documentaires très intéressants. Certains n'ont pas duré 5 minutes avant qu'ils "tombent dans la corbeille", mais certains valent bien la peine à faire circuler. Dernier en date, un reportage de deux heures sur Maradonna, eh bien c'était passionnant! peut-être parce que c'est comme regarder Dallas ou... Californication... tellement il y a de rebondissement toutes les 30 secondes! Ca m'a beaucoup appris sur l'histoire de l'Argentine, et de la passion extrême de ce fils prodige qui a entraîné tout le pays, et ensuite le monde entier, dans l'admiration, parfois le mépris ou la haine. Ca met beaucoup de lumière sur les coulisses de l'histoire, même si on ne saura jamais tout ce qui s'est passé. Je vous le recommande vivement, il s'appelle "Maradonna, un gamin en or". Et un autre me revient maintenant, encore meilleur, "Sicko", de Michael Moore, sur le système de santé américain, où 50 millions de personnes ne sont pas assurées et où 18'000 personnes meurent chaque année, faute de soin. Et si vous n'êtes pas assuré et n'avez pas d'argent, les hôpitaux vous foutent à la porte! Et combien de centaines de milliards de dollars dépensent les USA pour mener ses guerres? Le reportage est très très bien fait, très investigateur, curieux, et étonnant de révélations. Même Cuba est devant les Etats-Unis au classement des états avec le meilleur système de santé, et tout est gratuit! Comme en France, Canada ou l'Angleterre, où vous pouvez aller à l'hôpital sans être assuré et ne rien payer pour les soins que vous recevez. Bien sûr, c'est payé par les impôts, donc c'est un système solidaire (ou social) où les plus riches (ou ceux qui sont en meilleur santé) paient pour les autres. Au moins cela garantit l'accès aux soins. La santé ne devrait pas être quelque chose qu'il faut avoir les moyens de se payer!!! Le reportage montre l'exemple d'un américain qui s'est coupé le bout de deux doigts avec une scie, et comme il n'était pas assuré, il a dû faire le choix entre garder son majeur pour 60'000 $ ou son annulaire pour 12'000 $! La même chose se produit dans un des pays précités et la question ne se pose même pas! Et donner comme argument que ceux qui sont soignés en étant assuré seront mieux traité que ceux qui bénéficient du service public, c'est du complet bullshit! Le problème, comme dans beaucoup de choses, c'est que ce sont des compagnies privées (avec des actionnaires très très riches) qui dirigent le système de santé, avec quel objectif? soignez le plus de personnes possible et le mieux possible? bien sûr! et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu! C'est dégoûtant, mais c'est bien encore une fois le profit, et rien d'autre, qui tient les rennes et qui veut des bénéfices les plus gros possibles! A voir, le meilleur Moore que j'ai vu jusque-là!

Je pense que je vais continuer dans quelques jours, direction Agadir, où je vais aller me renseigner pour poser des panneaux solaires sur le toit du bus. J'ai entendu dire que c'est très bon marché ici, peut-être que je peux avoir toute l'installation pour environ 500 francs, à la place des 2'000 que j'aurais payé en Suisse. Ca pourrait être bien pratique et rassurant pour ma tranquillité énergétique! Je vais voir, et ensuite continuer un peu plus au sud, et ensuite filer à l'intérieur des terre pour remonter dans l'Atlas, en espérant qu'il ne fera pas trop froid. J'ai jusqu'au 13 mars pour sortir du pays, je pense remonter juste avant, peut-être qu'il fera assez chaud, même si c'est encore l'hiver.



24.12.2010 Imessouane, Maroc

Tout d'abord, j'aimerai remercier tous ceux qui ont posté un message dans mon livre d'or. J'éprouve un grand plaisir à les lire et ça me rappelle toujours de très bons souvenirs, alors n’hésitez pas…

Voilà deux mois que je suis en route, et la seule tête connue que j’ai rencontré est Alain, de Nyon. On s’est retrouvé à Imessouane samedi passé et il reste ici jusqu’au 30. Ca me fait du bien de retrouver quelque chose que je connais, même si je crée de très bons contacts avec d’autres camping caristes et locaux. Il est dans une auberge à 200m du camping dans lequel je suis, magnifique coïncidence…

Depuis Oualidia j’ai voyagé 3 jours avec Florian et Cindy, ou Saïd et Aïsha, leurs noms marocains qu’ils se sont attribués en entrant dans le pays. Ils viennent de Haute-Savoie et j’ai vraiment passé du très bon temps avec eux. C’est la 3ème fois qu’ils viennent au Maroc, pour des séjours jusqu’à 4 mois, donc autant dire qu’ils connaissent bien le pays et ont pu me donner des conseils bien utiles. On a même pu faire un vol avec Florian, qui a duré au moins une minute et 15 secondes! C’était d’une colline de 70 mètres au bord de la mer où on a campé en sauvage. Florian n’a qu’une douzaine de vols, il est bien courageux (ou inconscient…) de s’élancer comme ça d’un site inconnu. Chapeau! Même s’il a fallut 3 essais au déco et que l’atterrissage s’est fait dans des buissons… Faut dire qu’en France la licence n’est pas obligatoire, et n’importe qui peut s’acheter une voile et se lancer d’une montagne. Etrange, non?

Le soir on a eu un très beau coucher de soleil et on s’est dégusté un magnum de Barollo 1989, un délice! Il faut dire que les conditions de conservations sont idéales dans mon bus, température et humidité contrôlées, pas de secousses, idéal quoi!! J’ai eu la très agréable surprise hier de découvrir dans un coin du bus qu’il me reste 4 bouteilles que j’ai emporté de Suisse, dont 3 « Coin Perdu », pour ceux qui connaissent, hmmmmmm… j’espère qu’ils seront aussi bon que tous ceux que j’ai bu jusque-là! Quand la qualité est là, on a beau les secouer et les exposer à des extrêmes températures, ça reste superbe, c’est magnifique! Et le clou est une bouteille de 5 litres que j’ai également depuis 2 mois. Je n’ai pas pour l’instant réussi à regrouper 7-8 personnes pour la boire, mais je sens que c’est pour bientôt. Il y a beaucoup de jeunes surfeurs qui sont arrivés ces derniers jours, et je vais voir si je l’ouvre ce soir pour Noël ou si ça sera pour Nouvel An. Des marocains prêt à boire j’en trouve à la pelle, mais eux ne s’intéresse qu’à l’alcool qui est dedans et malheureusement ils n’apprécieraient pas la qualité du vin. Régulièrement des marocains viennent me demander de l’alcool, bière, vin, whisky… A Imessouane je crois qu’il n’y a qu’une auberge qui vende de l’alcool, et c’est très cher pour les habitants.




 
Je n’ai pas encore mis les pieds sur une planche de surf, mais ça sera pour ces prochains jours. Ce matin au lever du soleil j’ai été médité vers la plage où ça surf, et j’ai vraiment souhaité me trouver sur une planche. Je n’ai pas encore surfé, car j’ai eu des problèmes intestinaux ces 3 derniers jours, ce qui n’était pas idéal, et de plus, je n’étais pas très bien moralement, je n’avais pas la motivation pour me mettre à une activité sportive. Je n’ai pas encore volé non plus. Il doit y avoir moyen dans le coin, mais jusqu’à hier il y a toujours eu beaucoup de vent, et il a régulièrement plu. C’était des fois très violent, surtout la nuit, où je n’ai parfois pas réussi à dormir à cause des orages. Je priais à chaque fois que mon bus soit bien étanche! Ce qui a toujours été le cas jusqu’à présent. Inchallah!! Depuis deux jours j’ai un problème d’électricité. Pour la première fois du voyage j’ai branché le bus au 220 Volts, vu que je vais rester un moment ici. Ce qui me permet de faire fonctionner le frigo au courant et non au gas. En plus, je peux recharger mon ordi et d’autres appareils sans souci de batterie. Et ces dernières se conserve chargées. Après 3 jours je voulais vérifier la tension dans les prises, car les transformateurs des appareils chauffaient bizarrement. La qualité de l’électricité ici n’est pas la même qu’en Suisse. En mettant le voltmètre dans une prise, tout s’est éteint, sans bruit, sans le clac que ferait le disjoncteur, étrange. J’ai vérifié le tableau, tous les fusibles sont bons. J’ai regardé avec un voisin, mais on n’a rien trouvé. Alors depuis 4 jours je vis sur les batteries, jusqu’à trouver une solution, mais ça ne m’empêche pas de vivre. Et j’ai toujours un câble d’alimentation direct depuis la borne pour charger l’ordi, donc je n’utilise pas trop les batteries.

Ca me plaît ici. Imessouane est un petit village de pêcheur encore relativement à l’abri du tourisme de masse, même si ça s’est beaucoup construit ces dernières années et qu’il y a 5 ans il n’ avait un surf shop, et maintenant il y en a 4! Mais ça reste très simple, il y a des petites boutiques pour acheter à manger ou des produits de tous les jours. J’ai toujours eu des contacts très agréables avec les marocains, ils sont pour la plupart toujours souriants, courtois, prêt à trouver une solution pour chaque problème. Comme ce marocain que j’ai rencontré le premier jours au Maroc, à Tanger. Ca faisait 2 semaines que je n’avais plus de gaz et je pensais pouvoir changer (ou remplir) ma bouteille ici, vu qu’en Espagne ce n’est pas le même système. Je me suis arrêté dans une station service pour en acheter une et leurs bouteilles ont le même système que moi, mais les elles sont environ 6 cm trop grandes et ne rentrent pas dans l’emplacement réservé pour cela dans le bus. On a essayé de tourner la bouteille dans tous les sens, on ne pouvait pas la mettre droite. Le gars m’a dit que ce n’est pas grave, on va la caler un peu en dessous et de côté, et ça ira. J’ai failli accepter, et puis je ne voulais pas prendre de risque avec le gaz et avoir une bouteille qui se ballade et dont les tuyaux s’appuient et se tordent. C’est alors que j’ai rencontré un marocain qui était en train de faire laver son bus. Il m’a montré son système et sa bouteille, qui était beaucoup plus petite que la mienne. Il fallait que j’achète un raccord pour que je puisse fixer mon détendeur. Il m’a accompagné chez 4 marchands différents, dans un coin rempli de marchands, de café, au bord de la route, dans la terre, avec des voitures partout, des ânes et leur charrette, des détritus qui recouvrent le sol ou qui sont entassés dans un coin. Quelque chose d’impensable en Suisse. Le système D est partout ici, chacun se débrouille comme il peut, avec ce qu’il trouve. Le marocain est resté presque une heure avec moi, et finalement on n’a pas trouvé alors il m’a vendu sa pièce, j’ai acheté une bouteille, et ça fonctionnait. Même si les joints de la bouteille sont abîmés et qu’au début ça fuyait. Mais après quelques manipulations, plus de fuite. J’espère juste que ça va bien tenir dans le temps… Faut voir la qualité des bouteilles. On dirait qu’elle ont fait la guerre ou qu’on les a largué d’un avion à 4000 mètres, ça donne confiance! La qualité de tout ce qu’on trouve est bien inférieur à ce qu’on a en Europe. On dit ici qu’on trouve 3 qualités au Maroc, la 1ère, la 2ème et la 3ème, mais même la 1ère qualité est inférieure à la mauvais qualité suisse. Mais bon, on peut très bien vivre quand même, tant qu’on a pas les mêmes exigences et qu’on peut s’adapter.

Pour en revenir à Imessouane, c’est très simple, peu fréquenté en cette saison, et c’est parfait ainsi! Là je suis en maillot de bain dans le bus, le parasol baissé, il n’y a presque pas de vent et il fait entre 25 et 30 degrés, la journée la plus chaude depuis que je suis arrivé. Et ça devrai tenir quelques jours, donc ça va partir pour le surf! Et peut-être également voler. Mais le problème c’est qu’ici il faut partir d’une falaise et qu’il faut du vent pour décoller, sinon c’est impossible de gonfler la voile pour partir. C’est dommage car une journée comme aujourd’hui ça serait magnifique. C’est une chaîne de montagne très abrupte qui fait environ 2 kilomètres de long, pour environ 500 mètres de haut. Avec du vent ça doit très bien tenir sur la crête et on doit pouvoir rester en l’air des heures. Mais sans quelqu’un pour me conseiller sur les conditions météos et les dangers du coin, je n’ose pas trop me lancer. Je vais déjà monter une fois en vélo pour aller voir le déco, et je déciderais après. Ca serait super si je pouvais voler. Un vol le matin au lever du jour, ensuite 3 heures de surf, un apéro et repos, ça sonne bien tout ça!…

Mon magic bus me sert toujours très bien, même avec les petits soucis cités. Et j’en ai eu un autre cet après-midi. J’ai ouvert le coffre que j’ai sur le toit pour aérer et sécher l’intérieur. Le vent s’est levé et a fait basculer le couvercle contre l’avant et a cassé ma fenêtre de toit. Je l’ai réparé comme j’ai pu avec le scotch magique gris qui se déchire dans tous les sens. C’est vraiment un scotch à avoir pendant un voyage, c’est du solide! On verra si la réparation tient. Tout ce que je demande c’est que l’eau ne rentre pas quand il pleut. Déjà que jusqu’à maintenant, s’il y a beaucoup de vent il s’ouvre tout seul…

Hmmm, je suis en train de déguster une pâtisserie marocaine à base de cacahuètes et de miel, un délice!

Encore une fois tous mes voeux pour Noël et Nouvel An, que la vie vous fasse la fête tous les jours!


15.12.2010 Oualidia, Maroc

Me voilà au Maroc, pays complètement différent de tout ce que j'ai vu jusque-là. Je ne vais pas écrire longtemps, ça fait 3 heures que je suis dans un café et je commence à en avoir marre. Je détaillerai plus la prochaine fois.

Merci à tous pour vos messages très chaleureux, ça me fait très plaisir de vous lire. Portez-vous tous bien!

Pour résumé, j'ai été presque une semaine chez une allemande à Guadix, puis une semaine chez une anglaise et sa fille dans la région de Ronda. Vive le couchsurfing! Internet a quand même du bon! Ca m'a permis de rencontrer des personnes très riches humainement et ensuite de découvrir les cultures locales. C'est quand même plus facile avec un contact sur place.

Lundi j'ai pris le ferry pour Tanger, et là j'ai commencé avec les bakshichs aux douaniers, policiers pour qu'ils me laissent entrer au pays. Il paraît que c'est normal, surtout si c'est la première fois que quelqu'un entre et n'y connait rien. La vie ici est très différente, tout comme la mentalité, mais je ne m'avancerais pas là-dessus, cela fait uniquement 2 jours que je suis ici, j'en dirais plus prochainement.

Je suis content, j'ai pu enfiler à nouveau mes tongs, mes orteils me remercient, surtout que je n'ai pas l'opportunité de prendre une douche tous les jours. J'ai testé un fabuleux hammam hier matin à Rabat, avec un marocain. J'ai passé la soirée de lundi chez un habitant avec qui j'ai sympatisé. J'ai rencontré sa femme, sa soeur, sa mère et sa fille, qui vivent tous sous le même toit. La question est: est-ce qu'ils m'ont invité parce qu'ils avaient envie de me connaître ou était-ce pour la bières et le vin que j'ai amené? Et ils m'ont même demandé de l'argent à la fin de la soirée. Il faut dire qu'une bière au supermarché coûte plus d'un euro, ce qui est énorme lorsqu'on compare aux 10 euros qu'ils gagnent quotidiennement. C'était quand même sympa de passer la soirée avec eux, j'ai appris beaucoup de choses sur leur culture, leur religion et leur aspirations personnelles. Très enrichissant. Quand je roulais pour aller chez eux, je me demandais quand même s'il ne s'agissait pas d'un coup monté et qu'une fois enfilé dans une ruelle, ils me braqueraient mon bus et me laisseraient sur place... mais non, même pas! J'en suis sorti vivant...

Maintenant je suis à Oualidia, sur la côté entre Casablanca et Essaouira. J'y reste encore cette nuit, demain je vais certainement jusqu'à Essaouira et vendredi à Imsouane pour retrouver un ami de Nyon qui me rejoint pour presque deux semaines. Alors jusqu'à nouvel an je vais rester à Imsouane, il paraît que c'est très beau là-bas...



30.11.2010 Le "Magic Bus Trip 2010" clip est arrivé.

 





25.11.2010 - Guadix, Andalousie, Espagne


Où là...! Y a beaucoup à dire depuis la dernière fois... par où commencer?...
Après la région de Monaco je suis parti en direction de Marseille pour retrouver Claire, une amie rencontrée au festival de Jazz de Montreux cette année. Et c'est à Marseille que je me suis fait casser une vitre du bus et volé mon ordinateur, comme expliqué dans "bussoucis". J'ai ensuite passé 3 jours dans la famille de Claire à Lauris, qui ont été absolument charmant avec moi, merci encore!



Avec Claire à Lauris

Je suis ensuite parti sur Montpellier où j'ai passé presque une semaine, pendant laquelle j'ai fait plus d'une douzaine de garages afin de réparer le bus. Mais personne ne pouvait (ou ne voulait) le faire, me disant que c'est un modèle spécial. Certains garages m'envoyaient dans un autre et j'ai fait des allers et retours pour qu'on me dise toujours la même chose... Sinon j'aimais beaucoup la région et la ville de Montpellier, c'est très jeune et accueillant. J'ai passé quelques nuits au Grau-du-Roi, dans la Camargue, où j'ai rencontré plusieurs personnes très intéressantes, très connectées (ça parlera à certains....). Ce sont Jean-Pierre et Jean-François qui m'ont conseillé d'aller dans les Cévennes pour aller voir et sentir le grand cercle de mégalithes. Je les ai trouvé et ça m'a beaucoup impressionné. Je ne pensais pas en trouver 48 autours d'un menhir central. Je suis resté une heure et demi sur place, j'y ai trouvé une énergie très douce et agréable, j'ai été bien accueilli.


 
  
Cercle de menhirs
 
La région regorge de plusieurs sites où j'ai pu trouver des menhirs et des dolmens. Et c'est dans le coin également que j'ai trouvé le Cirque de Navacelles, où j'ai été impressionné par la grandeur du site. C'est gigantesques, je me suis cru au Grand Canyon! Et au milieu se trouve le "Cirque", monticule pyramidal de roches sédimentaires creusées par la rivière. Et au somment se trouve une vierge, et j'ai rarement été aussi attiré par l'aura d'une sculpture. J'y ai trouvé un réconfort et une profonde douceur, c'était magique.


   
Cirque de Navacelles et la Vierge qui est au sommet

Ensuite j'ai été à Narbonne 3 jours pour réceptionner le nouvel ordinateur que mon père m'a fait porté là-bas par une de ses connaissances. Encore merci, tout s'est super bien déroulé! Je suis resté une nuit chez Sarah, une couchsurfeuse qui a répondu à ma demande en 10 minutes, super! Vendredi 19 je suis parti en direction de l'Espagne, en voulant encore trouver une source d'eau chaude dans la nature dans les Pyrénées Orientales. Je ne pensais pas que j'allais autant monter en altitude, je me suis retrouvé comme en montant le Grand St-Bernard un mois auparavant! Comme ça m'a prit pas mal de temps, je ne me suis pas aventuré à chercher pendant des heures dans les montagnes des sources, j'ai été à un bain officiel pour me reposer un peu. Surprenant site au milieu de rien, avec un bassin plus ou moins grand (cf photo) et 2 tous petits. Donc j'ai passé la frontière juste après, à Bourg-Madame, et je suis redescendu pour retrouver de la chaleur. Mais pas assez, car j'ai eu très froid la nuit et le matin c'était tout blanc de givre autour du bus! Et j'ai presque eu du mal à repartir, je m'étais fourré dans un chemin de terre avec plein de trous où je ne pouvais pas tourner, donc j'ai dû faire une marche arrière, avec une visibilité cata à cause de la buée et de la condensation, mais j'y suis arrivé...

J'ai beaucoup roulé les quelques jours suivants, en dormant au bord de la mer vers Alicante et ensuite plus au sud vers Cartagène. Toutes les villes de bord de mers sont désertes, ça fait presque peur. Je me croyais dans ces westerns dans les rues désertes, tous les volets fermés, juste le vent qui soulève ici et là un journal ou des feuilles... un chien qui abboie au loin, quelque chose qui claque fort, des grincements... j'avoue que je n'étais pas toujours très rassuré...

Depuis que je suis en Espagne, mon moral a pris un coup. Certainement plusieurs raisons. Que je ne parle pas la langue fait que les contacts sont difficiles. C'est très rare de trouver quelqu'un qui parle anglais, français ou allemand. Mon espagnol n'est pas encore suffisant pour construire des phrases complètes. Ce qui fait que j'ai en plus de la peine à trouver ce que je veux, carte de téléphone, timbres, wifi, aliments, etc... ce qui fait que je me suis senti très seul et j'avais de la peine à profiter de ce que j'avais autour de moi. Je me rends compte que lorsque je suis un peu down, j'ai moins l'énergie pour méditer ou faire du yoga, ce qui me ferait le plus grand bien. Et je me culpabilise de ne pas faire assez de "bonnes" choses, et mon moral descend proportionnellement... Etrange que lorsque ça va bien je trouve la motivation pour faire des exercices bénéfiques pour moi, mais quand j'en aurais le plus besoin, j'ai beaucoup plus de peine... Je sens que ça me manque aussi de ne pas avoir pu faire de parapente pendant plus de deux semaines. J'ai maintenant très envie de trouver des personnes pour en faire. Actuellement je suis à Guadix, à 50km à l'est de Grenade, chez une couchsurfeuse allemande qui habite ici depuis 2 ans pour la construction de la plus grande centrale électrique d'Europe, voir du monde. www.solarmillennium.de/index,lang2.html  Anne est très sympa, m'a tout de suite donné les clés de chez elles et là je suis dans son salon pendant qu'elle travaille. J'ai pu faire une lessive et je profite pour mettre à jour mon site et je vais continuer la création d'un montage vidéo/photo du voyage. C'est fou ce qu'on peut faire avec ces ptites bêtes là...

La bonne nouvelle, c'est que dans la vallée pour arriver jusque-là je me suis arrêté dans une démolition auto et j'a trouvé une vitre pour remplacer celle qui était cassé. Merci mon flair de m'avoir fait arrêter là. En plus il est en meilleur état (bien sûr à part la vitre cassé) que l'ancien, alors c'est bien cool!

Je ne sais pas encore ce que je vais faire ces prochains jours. J'ai bien envie de rester encore un peu dans la maison d'Anne (quelle joue 300€/mois !!), j'en ai un peu marre de faire tous ces kilomètres. Elle m'a donné le téléphone d'un ami à elle à Almeria qui fait du parapente, peut-être qu'il pourra m'emmener avec lui. Sauf que la météo ces prochains jours ne devrait pas être très favorable à cela. Peut-être la semaine prochaine. En plus son ami est assez bon en mécanique, et il pourrait m'aider à réparer le bus. Ah oui, j'ai oublié de dire que j'ai des problèmes avec le circuit de refroidissement, certainement la pompe à eau qui est naze... Ajouter 2 litres d'eau tous les 100 kilomètres c'est normal, non???... bon, heureusement que c'est que de l'eau, ça coûte pas cher... mais j'ai peur d'abîmer le moteur si je ne répare pas, alors je vais voir ces prochains jours...

Hasta luego!



31.10.2010 - Menton, Alpes Maritimes, France

Aujourd'hui, c'est le déluge, il tombe sans arrêt depuis cette nuit. J'ai heureusement la chance de dormir à l'abri chez une amie que j'ai rencontré sur la plage jeudi. En plus je peux faire ma lessive, faire le plein d'eau fraiche pour mon bus et prendre des douches chaudes. C'est le grand luxe! En plus elle est très intelligente et intéressante, je suis très content de l'avoir rencontré.

J'ai donc décidé de quitter l'Italie, où je ne me sentais pas à ma place. Je suis descendu direction Monaco, j'ai dormi une nuit à Antibes, très jolie ville au bord de la mer à côté de Nice et ensuite je suis retourné sur Monaco pour chercher le site de vol. J'ai fait un vol mercredi, grace à une équipe de pilotes qui m'ont emmenés dans leur bus, car il n'y a pas de navette officielle le mardi et le mercredi.


Décollage depuis le Mont-Gros avec vue sur Monaco
 

J'ai dormi 3 nuits de suite au bord de la mer à Menton, ville très accueillante et où j'ai pu remettre mes tongs, trop cool!

 
Voilà où j'ai passé 3 nuit, pas mal au lever du jour...
 
 
Sinon j'ai fait des beaux vols sur Monaco et St-Martin où se trouve l'atterrissage. C'est très rocheux et la descente sur la mer est magnifique. Elle a des couleurs incroyables et atterrir sur la plage est grandiose. C'est juste embêtant le sable qui s'engouffre dans les caissons de ma voile, c'est moins pratique que l'herbe...

J'ai pas mal de peine à trouver des spots où j'ai du wifi gratuit. Là je suis au macdo, valeur sûre, mais sinon ce n'est pas évident. Du côté de mon bus, tout roule super, il est vraiment pratique et se conduit comme une voiture. Je passe partout et je me parque même aux endroits où c'est interdit pour les camping-car. C'est vraiment bien de pouvoir parquer sur des place voitures. Je crois pas mal de caravanes, et ils ont de la peine à trouver des places ou doivent rester à l'extérieur des villes. Ils se contentent des campings, ce que je peux éviter. Il est sûr que c'est pratique d'être dans un camping, car il y a de l'eau, de l'électricité, des toilettes, des douches et même des machines à laver. Mais à coup de 16 euros minimum la nuit, j'ai plutôt envie de prolonger mon voyage que de passer mes jours dans un camping. Et c'est tellement plus drôle d'être au bord de la mer, avec les locaux qui me jettent des regards interrogateurs, amusés, irrités, voyeurs... je m'amuse...

Et en plus mon bus est une vraie Ferrari, sauf quand ça monte... mais sinon je suis à 116 sur l'autoroute et il ronronne à merveille. Du coupe je dois même faire attention aux radars!

C'est l'heure de retrouver Mylenne et son poulet rôti, fait faim!! A bientôt!

 
25.10.2010 - Alassio, Ligurie, Italie

Voilà, ça y est! Je suis parti! Vendredi, comme prévu, après un bain à Lavey avec Samuel et Yvan, merci les gars de m'avoir accompagné pour ma dernière activité chez vous!...

Ensuite départ pour le tunnel du Gd-St-Bernard. Longue montée, mon bus a bien tenu le coup, malgré des bizarreries avec la jauge de température. J'ai depuis le début des problèmes de température de l'eau de refroidissement, et j'ai déjà passé pas mal de temps à tenter de résoudre ça, mais en vain... je vais en expliquer un peu plus dans les "bussoucis". Bref, plus je montais, et plus la température descendais, malgré que j'étais tout le long en 2è au rupteur... à croire que ma jauge mesure la température extérieure... ce qui est drôle mais pas forcément faux, car le garagiste m'a dit que le genre de moteur que j'ai ne chauffe pas assez. J'ai même mis du carton devant le radiateur pour le forcer à monter en température. Et résultat, après le tunnel, plus je descendais, plus la température montait, malgré que j'étais en descente et ne tirais pas du tout le moteur... vous trouvez ça normal???...

Pour commencer, voici où je suis actuellement, à l'heure même où je tapote le clavier...


Il fait une quinzaine de degrés avec environ 30 km/h de vent. Je suis en T-shirt dans mon bus, il fait bien bon...

Après ma descente sur Aoste vendredi soir, je suis sorti de l'autoroute à Châtillon, j'ai demandé au gars du péage s'il connaît un site de vol, et il m'a dit de monter direction Cervinia jusqu'à St-André. Je suis donc monté et je me suis arrêté dans un bled pour dormir. Mais avant cela, je me suis régalé avec un plat bien suisse...


que c'était bon!! Vu que je n'avais pas de pommes-de-terre, j'ai pris en remplacement des chips, Zweifel bien sûr... c'est presque pareil aux PDT, non? en tout cas c'est délicieux! je vous conseille vivement le petit grill portable chauffé aux bougies, c'est une pure merveille, et ça va super vite! bien sûr, il n'y a pas la croûte au-dessus... mais pour CHF 19.95 vous pouvez acheter le chalumeau pour griller le dessus...

Samedi matin je trouve le terrain d'atterrissage à St-André vers 9h30, mais personne en vue. Je décide de me faire un café sur place, et vers 10h arrive l'instructeur du coin, Jean-Claude (très italien comme nom...). Il me dit que les autres vont arriver vers 10h30. A 11h on était toujours en bas, vive la ponctualité Suisse... Mais ensuite, quelle merveille, et quelle chance j'ai eu! Jean-Claude me dit que c'est le seul club de toute la vallée d'Aoste, et c'est un miracle que je sois arrivé directement dessus. Yes!! c'est bon d'être chanceux! Trois vols s'ensuivent, dans une atmosphère glaciale. Je n'ai jamais volé si froid jusque-là, heureusement que j'ai mis mes bas tout sexy et un knägi! Des photographes pros étaient à l'atterro, et j'en ai profité pour leur acheter les photos qu'ils ont pris, j'en avais aucune jusque-là avec moi en vol. Bon souvenir de début de voyage. (photos dans mon album)

Jean-Claude m'a conseillé d'aller à Bergerggi et à Alessio pour continuer de voler, ce que j'ai fait en allant à Bergerggi le soir même. Je suis arrivé vers 22h, après de longues heures de route. Quelle joie de voir la mer, ça faisait longtemps. Même si elle est froide et que les plages sont désertes. Tous les bistrots sur la plage sont fermés, ça se voit que la saison est bien terminée.

Le dimanche était très couvert, donc pas de vent de mer, ce qui veut dire pas de vol! Alors j'ai pris le vélo et je suis monté au déco par la route du village, qui est complètement à flanc de coteau, et j'ai bien transpiré pour monter. C'était très sympa, des années que je n'avais pas refais de vélo, ça faisait du bien. J'ai dormi une nuit de plus à Bergerggi, nuit horrible d'orage et de tonnerre. J'ai bien cru qu'un éclair s'abatterait sur mon bus, j'ai prié toute la nuit... et ensuite le vent a pris le dessus et m'a bien secoué! Ce matin était assez ensoleillé et j'ai décidé d'aller à Alessio pour voir comment c'est ici. Toujours beaucoup de vent, donc ça ne vole pas. Je me suis arrêté dans une coop, je me suis cru à Vevey... avec les mêmes télécommande pour scanner les produits, drôle. J'y ai trouvé des produits bio, c'est cool, car je ne savais pas si c'est courant ici d'en avoir. Ca me rassure...

Devant un Lidl j'ai rencontré Bernhard, un allemand qui voyage depuis 20 mois tout seul avec son vélo. Je me suis arrêté juste pour lui, je sentais que c'était quelqu'un d'intéressant. Il faisait la manche devant le supermarché pour continuer son voyage, direction le sud de l'Italie pour cueillir les oranges pour se faire du blé. Il a traversé la Suisse, la France, l'Espagne, l'Italie, la Hollande et tout se dont il est sûr, c'est qu'il ne va pas retourner en Allemagne. Un sacré dégoût pour son pays d'origine, qu'est-ce qui a bien pu se passer là-bas? je n'en saurais pas plus. Je lui tire mon chapeau, vivre comme ça, au jour le jour, sans assurance, avec parfois un euro en poche, je suis un vrai touriste à côté de lui. Il m'a dit qu'il doit encore étendre son sac de couchage, sa tente a pris l'eau cette nuit avec l'orage... un sacré artiste!

Encore une chose, et c'est vraiment du n'importe quoi! Vous connaissez les stylos "Friction"? les stylos-bille avec le bout qu'on peut utiliser pour effacer? Jusque-là j'ai trouvé que c'était magnifique, très pratique, et je me suis mis à beaucoup écrire avec. Ben devinez quoi? Avec les basses températures l'encre s'efface... il reste une légère empreinte blanche après, à peine lisible!! J'y croyais pas mes yeux... Faut contacter ABE!!!

Bon, ben comme on dit ici, "Ciao tutti" et à bientôt, pour de nouvelles aventures!

20.10.2010

Voilà, c'est décidé, je pars vendredi matin. Ce soir je vais dormir à La Tour-de-Peilz au chaud chez ma mère, demain encore voir quelques amis et vendredi matin dernier petit-déj avec mon ancien colloc Yann et ensuite, départ sur l'Italie par le col du St-Bernard. J'espère que mon bus arrivera en-haut...

Sinon j'ai passé mes premiers moments en voyage le week-end passé avec la famille Althaus, ceux qui m'ont vendu mon bus. Ils en ont acheté un plus gros et on a fait la course jusque là-bas. Je gagne haut la main avec mon super bus! On ne s'est même pas fait dépassé par de vélomoteurs ni de tracteurs, beau défi!! :-) C'était la première fois depuis que j'ai le bus que je me sentais vraiment en voyage. Je me réjouis maintenant de décoller et de partir vendredi, même si de la peur surgit de quitter tout ce que je connais... Mélange d'impatience et d'appréhension. Bah, je verrai bien ce qui m'attends. Je pense qu'en voyant la mer ça va me remonter le moral...


13.10.2010


Il a fait chaud cette nuit à la Pichette, même pas de buée lorsque je respire... Mais d'une manière générale la température ne me convient plus et le départ de la région s'annonce imminent. Encore cette semaine dans les parages et hop, direction le sud, à Monaco où je vais voler avec les ailes du Léman début novembre. Donc jusque-là je vais naviguer en France, trouver des sites où je peux voler avec ma voile et prendre du temps pour moi. Car malgré que j'ai du temps, je n'ai pas l'impression de profiter en restant dans la région. Probablement parce que j'ai toujours mes repères, certaines habitudes, mes parents, des demandes à gauche à droite... Je pense qu'une fois parti je pourrais enfin déconnecter.

Mon bus va bien, j'ai toujours quelques petits soucis de température, il ne chauffe pas assez. Mon mécano m'a dit que c'est connu sur ce genre de véhicule, et si ça ne monte toujours pas, je mettrai un carton devant le radiateur pour qu'il y ai moins d'aire pour refroidir... Du travail de pro...

Je vais mettre un onglet où je vais insrcire les petits "hic" du bus, comme les pannes et autres bizarreries... il y a déjà de quoi rire un coup... Allez, c'est parti, depuis la place du marché, avec du Bob en musique de fond...


11.10.2010

Voilà une semaine que je n'ai plus d'appart et que je navigue entre Lausanne et Villeneuve en attendant de mettre les voiles.

Je mettrais plus de commentaires très prochainement, j'essaie déjà de régler des détails techniques avec ce site internet, je n'arrive pas à faire tout ce que je veux... Est-ce que je jette cet ordi par la fenêtre du bus...?

04.10.2010


Ca y est, mon voyage a débuté il y a 4 jours maintenant, et je ne réalise pas encore ce qui se passe. J'ai de la peine à pleinement entrer dedans, certainement parce que j'ai encore des choses administratives à régler et des cartons à répartir...

Pour l'instant je me sens bien dans mon bus, à me déplacer tous les jours et à dormir au bord du lac ou dans la forêt.

J'ai dormi à Lutry, Pully, Villeneuve et cette nuit vers le camping de la Pichette.

Je voulais aller voler hier à Villeneuve, mais le foehn a eu raison des pilotes et j'ai dû rester en bas... J'ai eu de très bons contacts avec plusieurs personnes qui ne savaient pas que ça ne volait pas.... J'ai finalement été faire du kite surf sur l'herbe, en partie avec un buggy à 3 roues, merci à David pour la découverte. Et j'ai rencontré Pat, un ferronier qui a fait un bout de la formation para avec moi et chez qui je vais me rendre cette semaine ou la suivante pour voir comment il fabrique les cloches... cool!...



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